Le web social pour s'exprimer, informer, diffuser, partager. Tous, nous pouvons y trouver avantage.
La chose a pourtant son pendant pernicieux. À travers le masque de l'anonymat, insulter, diffamer, dénigrer, démolir une réputation ou carrément usurper une identité n'a jamais été aussi facile. Comme la législation entourant les crimes haineux sur le web est encore floue et que nombre d'entreprises de salissage de réputations se font sous le couvert de l'anonymat, il s'avère difficile d'élaborer un dossier solide pour une poursuite au criminel. Qui plus est, cela nécessite temps, argent et énergies, denrées que les services de police préfèrent mettre au service de crimes plus "tangibles". Comme en témoigne cet article paru aujourd'hui sur Cyberpresse, une "agression" de réputation en ligne peut détruire votre image, votre vie, votre rapport aux autres de manière parfois permanente et les mesures existantes pour vous venir en aide le moment venu sont quasi inexistantes.
Les plates-formes de réseaux-sociaux Facebook et Twitter possèdent certes leurs mécanismes de plaintes et de blocage dans les cas d'abus mais ceux-ci s'avèrent hélas inefficaces. Nous avons d'ailleurs vu au module 6 du cours un cas pour le moins extraordinaire d'usurpation d'identité (qui a duré six mois !) par une jeune adolescente désirant se faire passer pour la coqueluche de son école.
À défaut d'avoir à sa disposition des ressources pour se défendre, la sensibilisation au sérieux du crime (parce qu'usurper une identité ou diffamer sont bien des crimes) demeure une des mesures sur lesquels misent certains services de police. Visites dans les écoles de quartier, conscientisation aux conséquences du geste.
Dans son billet intitulé Les plates-formes sociales et leurs problèmes de gestion de la diffamation harcèlement et intimidation , Michelle Blanc conclut en affirmant : "Les médias sociaux sont donc un lieu extraordinaire de socialisation, mais ils sont aussi un Far West sans foi ni loi que même ses plus importants bénéficiaires (les plates-formes elles-mêmes) n’arrivent pas à réguler convenablement…"
Les enjeux de la cyberintimidation sont gargantuesques. De grands défis restent à relever à l'ère où le web prend de plus en plus de place dans nos vies...
Blogue sans prétention dédié à un cours de deuxième cycle sur le web social. Bienvenue !
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lundi 6 juin 2011
Web social et intimidation
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samedi 4 juin 2011
Le narcissisme sur les réseaux sociaux
Plusieurs penseurs du web ont questionné l'aspect narcissique lié à l'usage des médias sociaux. On leur a reproché d'être une vitrine où faire mousser son amour-propre, où le "je-me-moi" domine sur l'échange réel et le dialogue constructif, on a accusé la personnalité surexposée, les bons coups surlignés, les photos triées et l'image créée, faussée et diffusée.
Eric Mainville, blogueur et journaliste web indépendant, suggère dans un billet sur les émotions générées par les médias sociaux, qu'un des "dangers" du web social est qu'il devienne un "lieu d'expression pour la vanité". Cette réflexion recoupe celle de Michelle Blanc dans son billet JE TU IL des médias sociaux.
À force d'exposer sa réalité à travers le filtre que l'on s'impose sur un site de réseautage, plusieurs sont d"avis que Facebook permet de projeter une image revue et améliorée de sa personne.
Pour sa part, l'auteur du blogue Communication et Internet suggère que trop facilité sur la populaire plate-forme sociale rende la communication vide de sens. Une certaine forme d'exhibitionniste se dégage également de la tendance à diffuser à des dizaines, voire des centaines d'"amis" ce que l'on communiquait il n'y a pas si longtemps uniquement à ses proches. L'auteur du blogue tout juste cité mentionne dans son billet Facebook flatte le narcissisme et donne l'impression d'être un "people" : de la communication interpersonnelle à la communication de masse que : "Le passage de la communication interpersonnelle à la communication de masse engendre donc naturellement une « théatralisation » de la vie privée.
Et pour rejoindre le débat sur la protection de la vie privée, il semble évident qu’avec les réseaux sociaux, on ne dévoile pas sa vie privée, on la met en scène. "
Ironique, tout cela, quand on considère que la première condition nécessaire à un média pour porter le nom de "social" est d'abord et avant tout de favoriser un échange réel. Et le dialogue dans tout ça? Il suppose une bidirectionnalité, un désir d'échange et pas uniquement pour obtenir rétroaction sur ses bons coups exposés.
Nous ne sommes pas si loin de l'époque des forums de discussions, qui par leur nature d'espace collectif sous-entendait intrinsèquement que l'autre était inclus dans l'espace de partage et où les autres personnes que la première du singulier avaient aussi la cote.
Eric Mainville, blogueur et journaliste web indépendant, suggère dans un billet sur les émotions générées par les médias sociaux, qu'un des "dangers" du web social est qu'il devienne un "lieu d'expression pour la vanité". Cette réflexion recoupe celle de Michelle Blanc dans son billet JE TU IL des médias sociaux.
À force d'exposer sa réalité à travers le filtre que l'on s'impose sur un site de réseautage, plusieurs sont d"avis que Facebook permet de projeter une image revue et améliorée de sa personne.
Pour sa part, l'auteur du blogue Communication et Internet suggère que trop facilité sur la populaire plate-forme sociale rende la communication vide de sens. Une certaine forme d'exhibitionniste se dégage également de la tendance à diffuser à des dizaines, voire des centaines d'"amis" ce que l'on communiquait il n'y a pas si longtemps uniquement à ses proches. L'auteur du blogue tout juste cité mentionne dans son billet Facebook flatte le narcissisme et donne l'impression d'être un "people" : de la communication interpersonnelle à la communication de masse que : "Le passage de la communication interpersonnelle à la communication de masse engendre donc naturellement une « théatralisation » de la vie privée.
Et pour rejoindre le débat sur la protection de la vie privée, il semble évident qu’avec les réseaux sociaux, on ne dévoile pas sa vie privée, on la met en scène. "
Ironique, tout cela, quand on considère que la première condition nécessaire à un média pour porter le nom de "social" est d'abord et avant tout de favoriser un échange réel. Et le dialogue dans tout ça? Il suppose une bidirectionnalité, un désir d'échange et pas uniquement pour obtenir rétroaction sur ses bons coups exposés.
Nous ne sommes pas si loin de l'époque des forums de discussions, qui par leur nature d'espace collectif sous-entendait intrinsèquement que l'autre était inclus dans l'espace de partage et où les autres personnes que la première du singulier avaient aussi la cote.
jeudi 2 juin 2011
Influence, propagande et opinion publique
Tous les moyens sont bons pour rejoindre son public-cible et exercer sur lui son autorité. Même celui de confier à une importante firme de relations publiques le mandat de démolir la crédibilité de son compétiteur.
L'initiative de propagande anti-google menée par le géant du réseautage Facebook a généré des réactions d'indignation après que l'agence de relations publiques américaine Burson-Marsteller eût demandé à l'influent chroniqueur et chercheur en cybersécurité Chris Soghoian de rédiger sur son blogue des articles discréditant le groupe Google pour la sécurité des données personnelles des millions d'utilisateurs de sa nouvelle plate-forme sociale Gmail Social Circle et d'encourager les journalistes à enquêter en ce sens dans le but d'influencer négativement l'opinion publique.
Or, plutôt que de répondre à la requête de la firme de RP, le blogueur a publié sur son site les mails de l'agence témoignant de la pas très nette demande. C'est un chroniqueur du Daily Beast, Dan Lyons, qui a récupéré et médiatisé l'affaire, qui a rapidement nécessité des justifications (hum hum) de la part de Facebook.
Dans cette histoire, l'odieux de la chose c'est que pour une question de compétition de niche entre deux entreprises, on a entrepris d'user de propagande en se servant de la crédibilité d'acteurs web pour dénigrer l'adversaire. Honte également à la réputée firme de RP qui n'a pas reculé devant la manoeuvre, désirant répondre à la demande malhonnête de son client.
Utiliser cette stratégie, courante dans le milieu des relations publiques, demeure politically correct tant qu'elle consiste à faire promouvoir par des influenceurs-clés un produit ou un service en toute liberté d'opinion et surtout plutôt qu'à démollir l'essor de l'intiative d'un compétiteur par une campagne de salissage déguisée en opinions libres.
L'initiative de propagande anti-google menée par le géant du réseautage Facebook a généré des réactions d'indignation après que l'agence de relations publiques américaine Burson-Marsteller eût demandé à l'influent chroniqueur et chercheur en cybersécurité Chris Soghoian de rédiger sur son blogue des articles discréditant le groupe Google pour la sécurité des données personnelles des millions d'utilisateurs de sa nouvelle plate-forme sociale Gmail Social Circle et d'encourager les journalistes à enquêter en ce sens dans le but d'influencer négativement l'opinion publique.
Or, plutôt que de répondre à la requête de la firme de RP, le blogueur a publié sur son site les mails de l'agence témoignant de la pas très nette demande. C'est un chroniqueur du Daily Beast, Dan Lyons, qui a récupéré et médiatisé l'affaire, qui a rapidement nécessité des justifications (hum hum) de la part de Facebook.
Dans cette histoire, l'odieux de la chose c'est que pour une question de compétition de niche entre deux entreprises, on a entrepris d'user de propagande en se servant de la crédibilité d'acteurs web pour dénigrer l'adversaire. Honte également à la réputée firme de RP qui n'a pas reculé devant la manoeuvre, désirant répondre à la demande malhonnête de son client.
Utiliser cette stratégie, courante dans le milieu des relations publiques, demeure politically correct tant qu'elle consiste à faire promouvoir par des influenceurs-clés un produit ou un service en toute liberté d'opinion et surtout plutôt qu'à démollir l'essor de l'intiative d'un compétiteur par une campagne de salissage déguisée en opinions libres.
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