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jeudi 16 juin 2011

Out, l'ordinateur personnel?

Il y a trois ans, Fred Cavazza questionnait Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0? . 
Puisque les Smartphones avaient énormément gagné en popularité en 2009, il était légitime de se poser la question.

En effet, ceux-ci, petits (entre 7-9 po), moins de 500 Euros (environ 700 $ CAN) et s'apparentant davantage à un gros Smarthphone qu'à un petit ordi, s'avéraient indicateurs de la tangente qu'allait prendre le marché pour les années subséquentes. Trois ans plus tard, nous en sommes bien à une révolution de notre manière de consommer le web même si les netbooks n'en sont pas nécessairement la cause.

Cavazza consolide ses prévisions quant à l'amorce de changements de consommation de terminaux web. Dans son billet la fin de l'ordinateur individuel programmé , il explique que les terminaux nomades ayant littéralement supplanté les ordinateurs individuels, les fabricants Google, Microsoft et Apple   "sont en ordre de bataille pour faire basculer l’informatique dans le 21ème siècle ."

Sans souris, écran, clavier et autres accessoires encombrants, l'accès au web est nettement plus nomade en 2011 (depuis quelques années d'ailleurs), qualité de plus en plus recherchée chez les petits appareils intelligents. Les géants du web travaillent donc à proposer d'autres formes de services mobiles qui permettraient de se défaire définitivement des ordinateurs personnels pour se concentrer sur ce que le grand public recherche: rapidité d'accès, simplicité, portabilité, sécurité.

Des produits comme le Chromebook de Google (offert en location) ainsi que le iCloud d'Apple sont donc prometteurs. À surveiller...

(N'hésitez pas à consulter le billet de Cavazza, nettement plus technique et complet que ma (très) brève synthèse.

mardi 14 juin 2011

Dans la surnage d'informations

Martin Lessard publiait récemment l'article Lisez ceci et épatez vos amis. Il y réfléchissait à voix haute sur le rapport à la connaissance depuis que l'information est disponible au bout d'un clic sur des appareils continuellement en possession de "leurs maîtres".

Il y a à peine quelques années, la culture générale apportait un plus-value à un individu, lui permettait de se distinguer par quelque champs d'intérêt ou de connaissance qu'il maîtrisait particulièrement bien. Si on se définit souvent par notre métier ou nos passions, on se définit aussi par notre niveau de connaissances constituant une composante de notre culture générale.

L'auteur questionne: "L’argument de posséder plus d’information est-il encore pertinent à l’ère de la surabondance? Comment peut-on aujourd’hui épater ses amis avec ce qu’on sait? À la première interrogation, ils sautent sur Google !" 

Il se trouve que j'adhère. Trouver une information sur le web est un geste si accessible devenu banal pour des centaines de millions d'utilisateurs, ce qui tue un peu la beauté, la singularité et la noblesse de la pure connaissance. Cela n'est pas mauvais en soi, remarquez. Démocratiser l'information est nul doute une excellente chose mais selon l'auteur qui complète l'idée d'Umberto Eco (affirmant que la nature des médias (télévision, journaux, ordinateur) nourrit différentes classes sociales, qu'il divise en riches et pauvres mais qui à proprement parler se rapporte davantage à une "compétence culturelle intellectuelle" par opposition à l'analphabétisme qu'à des possessions matérielles), la nouvelle tendance à utiliser le web comme un deuxième cerveau a ses limites.

La "nouvelle" manière de se distinguer socialement ne serait donc plus la quantité et la nature des informations assimilées par un individu mais plutôt la perspicacité et la manière judicieuse dont il utilise ces mêmes informations. Savoir mettre en relation plusieurs connaissances équivaut donc à assurer à son arc la corde de l'esprit critique.

J'écoutais récemment à la radio un médecin affirmait que de plus en plus de gens étaient myopes. Il expliquait que la nécessité physique de voir loin avait, du temps de nos ancêtres chasseurs et agriculteurs "justifié" biologiquement une bonne vision. La vision "de loin" étant de moins en moins sollicitée de nos jours vu l'usage quasi universel dans notre société occidentale des multiples écrans rapprochés, cela influerait directement sur la qualité du potentiel humain de vision.

La physiologie 'humaine s'ajuste à la réalité technologique. J'en fais un parallèle avec le cerveau, la mémoire et les capacités cognitives de l'homme. Devant l'océan d'informations disponibles relayées sur le web, savoir faire un tri judicieux constitue indubitablement non seulement une garantie de survie webesque mais également un atout sur ses pairs déjà en train d'y surnager.

Du verbe... au vote?

Dans le web participatif, l'existence de "verbes" joue un rôle essentiel. Actions envisageables sur différents médias sociaux, les verbes vous permettent de transmettre des musiques/photos/articles intéressants ou pertinents, en télécharger, partager, imprimer, visionner, étiqueter, commenter, ajouter comme favori, etc. pour prendre place dans le web participatif. Plus un site permet de verbes, plus il est interactif et donc plus il est dit "social".

L'interface convivial de Facebook nous le permet aisément à chaque statut: commenter, aimer, ajouter un lien, une photo, etc. Cela est également possible sur de plus en plus de plates-formes indépendantes (médias, magasins, etc.)

Or, voilà que depuis le 2 juin, son grand compétiteur Google offre la possibilité d'ajouter le bouton +1 à toute page dont le code spécifique a été préalablement ajouté au html.  Si nombre de pages hébergées hors du site du géant américain Facebook offrent la possibilité "d'aimer" une page, une vidéo ou un article et de le partager sur sa plate-forme, en tant que compétiteur, Google s'est vu mis au défi d'en faire autant. Le bouton "+1" rend maintenant la chose possible.

Mais comment donc évaluer le degré d'engagement de l'internaute dans le sens social du terme, au-delà de la visite "neutre" d'un site? Un simple passage sur un site équivaudrait à un "vote" de référencement (implication minimale). Et l'usage de l'option "partage"? Et celui du "J'aime"? Et celui de l'étiquette ou du commentaire offre-t-il un plus-value quantifiable pour le site ET pour l'internaute?

Où faut-il se situer sur l'échelle de technographie sociale pour que l'action posée soit considérée comme influente pour la "valeur" positionnelle (SEO) du site? De quelle manière quantifier cela? Doit-il nécessairement y avoir une valeur qualifiable en hyperlien mesurable par un outil comme technocrati?

En fait, ma réflexion devrait être toute simple: la valeur ajoutée à un site par ses objets sociaux n'est simplement pas liée au degré de "consommation" de médias sociaux de l'internaute, bien qu'un puisse aisément contribuer à l'autre. Autrement dit, même les consommateurs de médias sociaux les plus réticents peuvent donner de la valeur à un site en utilisant ses objets sociaux. L'inverse est aussi vrai: les médias sociaux contribuent eux aussi à faire de leurs utilisateurs des internautes de plus en plus "engagés" dans le multi-dialogue du web social selon leur niveau d'implication.